7
février
2018

Un lycée sans S-V-T ? Où allons-nous?

Auteur : Fred LAUNAY
La réforme du lycée s’annonce…
Après une réforme du collège douloureuse de par sa mise en place brutale, bien que basée sur des arguments pédagogiques sensés, mais aboutissant malgré tout à une réduction de la qualité des conditions de travail (moins d’heures pour des dédoublements, plus d’effectifs…) afin de “faire des économies” cachées mais certaines, il semble logique de réfléchir à une évolution du lycée. Les premières annonces sont pourtant affligeantes concernant les SVT ! En effet, les SVT seraient les grandes perdantes, n’apparaissant pas dans “les majeures”, elles ne deviendraient donc qu’optionnelles.
Ce qui à mon sens est une véritable aberration! Quand aujourd’hui les inquiétudes des scientifiques se portent essentiellement sur des sujets sensibles des SVT : la montée des idées conspirationnistes dans les domaines de la vaccination, du réchauffement climatique, que la génétique est certainement l’avenir de la médecine moderne, qu’il devienne nécessaire pour l’humanité de relever le défi des énergies renouvelables…, nous devrions priver les futures générations d’une formation générale dans ces domaines d’actualité ?

A moins qu’il ne faille justement que les futures générations n’en sachent pas trop pour ne pas qu’ils aient à se poser les bonnes questions…?

Pourtant les professeurs, et pas seulement de SVT, de grands scientifiques s’interrogent sur cette aberration et s’y opposent, c’est le cas du professeur Pierre-Gilles de Gennes, prix Nobel de Physique 1991 :

Alors certes les gouvernements s’enchaînent et les ministres nouvellement nommés cherchent à laisser leur empreinte, leur nom dans la grande institution de la république qu’est l’éducation nationale, mais doit-on prendre en otage le savoir et la formation intellectuelle et pratique des générations futures pour faire des économies ?

Au delà du but pédagogique affiché, quels sont les objectifs sous-jacents de cette réforme qui prend clairement une tendance à l’opposé des besoins de la société actuelle, d’autan plus que la France est en déficit de scientifiques par rapport à ses besoins ?

Edit du 7/02 : les discussions menées semblent aboutir et on parlerait maintenant d’un changement de nom mais d’une présence malgré tout dans les majeures. Restons vigilants!

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